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Institut pour l’égalité des femmes et des hommes : rapport annuel 2025

Garder le cap dans un climat polarisé

À la tête du conseil d’administration qui définit les grandes orientations stratégiques de l’Institut, Caroline Deiteren revient sur les réalisations de 2025 et les défis qui s’annoncent.

En 2025, le conseil d’administration a confirmé ses priorités en approuvant le nouveau plan stratégique de l’Institut. La lutte contre les violences basées sur le genre y occupe une place centrale. L’année a été marquée par l’annonce de l’ouverture de trois CPVS supplémentaires et la mise en œuvre de la loi féminicide, confirmant que cette problématique reste une priorité politique incontournable. Comme le disait Gisèle Halimi : « la honte doit changer de camp ». C’est notre fil rouge pour transformer les mentalités et les politiques.

Deux défis majeurs se profilent à l’horizon de l’égalité. D’une part, l’histoire montre que les droits des femmes et des minorités de genre sont particulièrement vulnérables en temps de conflit et de violence. La CSW70 à New York en a donné une illustration récente : pour la première fois en 70 ans, aucun consensus n’a pu être trouvé sur le texte final. D’autre part, la polarisation, amplifiée par les réseaux sociaux, complique notre mission.

Nous devons maintenir l’égalité à l’agenda politique. La remise en question du droit à l’avortement, des droits des personnes trans, ou encore la culpabilisation des victimes de violences sexuelles sont aujourd’hui récurrentes en ligne, parfois avec l’appui des mouvements anti-genre, qui visent à fragiliser le principe même d’égalité.

Quand le monde s’enflamme les droits des femmes et des minorités de genre risquent de passer au second plan

Le nouveau plan stratégique de l’Institut s’intitule « Au-delà de la polarisation ». Il s’inscrit dans ce contexte : si la polarisation produit des effets immédiats, notamment médiatiques, elle ne fait pas avancer l’égalité.

La Belgique est souvent perçue, en Europe comme au niveau international, comme un pays de référence en matière d’égalité, notamment grâce aux CPVS et au gender mainstreaming. Certes, nous restons dans le haut du classement de l’indice européen de l’égalité d’EIGE, mais les progrès marquent le pas depuis plusieurs années. Être bon élève ne signifie pas que les avancées sont définitivement acquises, ni que les discriminations ont disparu, comme le montre, par exemple, la persistance de l’écart salarial.

La transposition en droit belge de quatre directives (transparence salariale, organismes d’égalité, violences envers les femmes et équilibre entre femmes et hommes dans les conseils des entreprises) aura un impact direct sur le fonctionnement et le cadre réglementaire de l’Institut. Dans un contexte de tensions économiques et de vieillissement de la population, nous devons rester vigilants et constructifs afin que l’égalité demeure sur la table lors des débats sur la réforme des pensions, les différentes réformes socio-économiques et les arbitrages budgétaires.

Dans un contexte de polarisation croissante, le conseil d’administration veillera à garder le cap de l’égalité, avec constance, rigueur et sens des responsabilités.

Caroline Deiteren

Présidente du conseil d’administration

Source : Institut pour l’égalité des femmes et des hommes

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