Programme détaillé
JOUR 1 - Lundi 24 août
Thème : « Des parcours de vie, des engagements citoyens pour faire face aux injustices et aux inégalités. »
9h – Accueil et introduction
Présentation des objectifs des Universités d’été : tisser des ponts entre réflexion critique, action sociale, et engagement citoyen.
9h15 – 10h45 – Mourad Boucif (Auteur et cinéaste) – « La condition humaine : la complexité de l’être et de sa condition. Le mal est la racine par laquelle la philosophie a poussé… »
10h30 – 10h45– Pause-café
10h45 – 12h00 – Christine Mahy (Militante et secrétaire générale et politique du Réseau Wallon contre la pauvreté) – « La pauvreté n’est pas le résultat de défaillances individuelles, mais bien celui d’une organisation sociétale déficiente »
12h00 – 13h45– Pause-café
12h45 – 13h45 – Cindy Meirsschaut (Travailleuse sociale, pair aidante auprès de différents publics fragilisés et responsable de la section Hainaut de l’asbl « Vie libre ») – « Tant que nous ne tiendrons pas compte des personnes concernées et de leurs environnements, nous ne pourrons pas être en connexion avec soi-même… »
13h45 -14h45 – Labyed Youssef (Humanitaire et Imam) : – « Le vivre ensemble, une extraordinaire conception de la vie qui nous rapproche d’un monde plus juste et égalitaire… »
14h45 – 15h00 Pause-café
15h00 – 15h45 – Père Sylvestre Olivier Eves (Prêtre catholique en service à l’unité Pastorale Mont-sur-Marchienne / Marcinelle. Coordinateur pour les dialogues Islamo-chrétien du Diocèse de Tournai. Co-fondateur de la Plateforme Interrligieuse du Pays de Charleroi) – « C’est par l’intermédiaire des différences que nous pouvons nous rassembler et valoriser la diversité culturelle, comme un moteur de richesse commune, de résilience et d’empathie… Cette conception altruiste de la rencontre, souligne que, notre singularité, voire nos parcours uniques, génèrent des interactions et des défis communs qui créent de véritables liens authentiques. »
JOUR 2 - Mardi 25 août
Thème : Quelle posture pour des personnes actives œuvrant dans des contextes de plus en plus complexes, voire hostiles !!! »
9h00 – 10h30 – Roberto D’Orazio (Militant et ancien syndicaliste) – «Les contextes hostiles génèrent de profondes turbulences au sein du monde syndical. La convergence des luttes et le retour à nos fondamentaux peuvent nous permettre de réussir nos grands défis ! »
10h30 – 10h45– Pause-café
10h45 – 12h15 – Sarah Bahja (Militante et animatrice à Zin Tv) – « Le racisme systémique est un véritable fléau de nos sociétés… Nos mécanismes institutionnels ne sont pas épargnés et nous devons mettre tout en œuvre pour freiner, voire arrêter sa propagation… !!!
12h15 – 13h00 – Pause midi
13h00 – 13h45 – Laurence Fromont (Formatrice de formateurs FLE) – « Entre idéaux pédagogiques, prescriptions institutionnelles et réalités migratoires : quelle(s) posture(s) adopter pour la formatrice FLE ? »
13h45 – 14h30 – Ferial Fodil (Travailleuse et interprète sociale) – « Quelle posture en tant que travailleuse sociale et interprète, face à nos limites cognitives et humaines, les questions de neutralité et d’éthique, les barrières linguistiques, voire culturelles et les nombreuses contraintes du métier ? »
14h30 – 15h15 : Sophie Hendrickx (Intervenante sociale) – « Comment nous nous créons en tant que travailleur social ? Vision réflexive sur nos postures professionnelles face aux réalités du terrain…
15h15 – 15h30 – Pause-café
15h30 – 16h15 : Fabrice Ciaccia (Directeur du Centre Régional d’intégration de Charleroi) – « Un directeur de CRI est-il un gestionnaire de dispositifs publics ou un acteur de transformation sociale ? Comment aujourd’hui une direction peut-elle piloter son organisation dans un environnement institutionnel toujours plus exigeant, sans perdre de vue sa mission initiale et sans reproduire les rapports de pouvoir qu’elle cherche précisément à transformer ? »
JOUR 3 - Mercredi 26 août
Thème : Agir ensemble dans la convergence des luttes pour un monde plus juste et égalitaire ! »
9h00 – 10h00 – Marc Chambeau (Enseignant à Cardijn (Helha), membre du bureau du Comité de vigilance en Travail social (CVTS) et du collectif des formatrices et formateurs en travail social) – « Dans une société inégalitaire, le travail social est inégalitaire !!! Quand nous prenons conscience de cette réalité nous pouvons agir avec pertinence et équité !! »
10h00 – 11h00 – Anne-Laure Losseau (Juriste de formation et membre du Collectif droit pour Gaza) – « Le droit est une arme fragile mais puissante contre des projets destructeurs qui déshumanisent les plus vulnérables. Il est possible de préserver toute sa substance et ses nombreuses vertus à condition d’œuvrer tous ensemble à travers une véritable convergence des luttes !!! »
11h00 – 11h15 – Pause-café
11h15 – 12h45 Hamel Puissant (Militant et membre actif au CBAI et au MRAX) – « Nous devons transmettre au plus jeunes les notions d’engagements de participation citoyenne auprès de la collectivité… ». Ce n’est qu’à travers ce front que nous pourrons œuvrer pour une société plus juste et solidaire !!! »
12h45 – 13h30 – Pause midi
13h30 – 14h15 – Louiza Yousfi (Autrice et journaliste d’investigations) – « Ecrire, s’engager, pour refuser ce monde qui par moment nous échappe… ». (En Visio)
14h15 – 14h30– Pause-café
14h30 – 16h15 – Réflexions et échanges avec trois auteurs engagés :
Alain De Bruijne (Auteur et romancier)
Jamal Tahiri (Poète, écrivain, peintre)
Mourad Boucif (Auteur et cinéaste) – « L’art au service de l’engagement citoyen : Quand l’écriture, le cinéma, le théâtre et toutes les disciplines artistiques génèrent de véritables outils de conscientisation et des armes de construction massive. La société civile est concernée par l’insurrection des consciences, elle est la seule à pouvoir nous rapprocher d’un monde plus juste et égalitaire… »
16h15 – Clôture & Verre de l’amitié
Espace convivial pour échanges, retours d’expérience et perspectives
Pour qui ?
Toutes les personnes engagées ou en quête d’engagement, issues de la société civile, du monde associatif, syndical, artistique, militant, éducatif… Toutes celles et ceux qui savent qu’aucune transformation durable ne peut émerger sans conscience critique, sans intelligence collective et sans mise en commun des savoirs.
Penser l’engagement à hauteur d’humain… et de système
La thématique choisie pour cette deuxième édition n’a rien d’anecdotique. L’engagement — ce mot souvent réduit à une posture individuelle — est ici replacé dans ses dimensions politiques, historiques et structurelles. Il s’agit d’interroger les conditions qui rendent possible l’action, mais aussi les mécanismes qui produisent l’impuissance, le consentement ou l’exclusion.
Participer ne signifie pas seulement prendre part. C’est aussi apprendre à lire les rapports de pouvoir qui traversent nos institutions, nos discours et nos représentations, afin de retrouver une capacité d’agir individuelle et collective.
À l’heure où l’extrême droite tisse sa toile dans les urnes comme dans les imaginaires, où les inégalités se creusent, où les crises écologiques accélèrent les fractures sociales et où les rapports Nord-Sud continuent de produire des formes renouvelées de domination, nous n’avons plus le luxe de l’indifférence.
Un monde en bascule : se rencontrer pour comprendre, débattre et résister
Les analyses internationales montrent qu’une nouvelle vague d’autocratisation traverse le monde. Des démocraties se fragilisent, les libertés publiques se réduisent progressivement, les discours autoritaires se normalisent et les contre-pouvoirs s’affaiblissent. Les pays dont les gouvernement ont basculé à l’extrême droite illustrent ces évolutions qui interrogent bien au-delà de leurs frontières. L’Europe elle-même n’est pas à l’abri de ces dynamiques.
Dans ce contexte, les Universités d’été du CRI Charleroi défendent une autre manière de produire des connaissances : non pas une transmission verticale, mais une circulation des expériences, une confrontation bienveillante des points de vue, un dialogue entre recherche, action associative, engagement citoyen et vécu des personnes concernées.
Parce que les récits façonnent autant le réel que les politiques publiques, il importe aussi de questionner les évidences, de déconstruire les catégories qui enferment et de rendre visibles les voix trop souvent reléguées aux marges.
Un espace de sensibilisation mais aussi de stratégie et d’action
Nous l’assumons pleinement : cet espace n’est pas neutre. Il constitue un lieu d’émancipation où se construisent des outils d’analyse critique, où se développent des capacités d’agir et où se tissent des alliances entre des personnes qui refusent la fatalité.
Nos séminaires aborderont notamment les questions suivantes :
• Comment agir face aux mécanismes qui produisent et reproduisent les inégalités sociales et les exclusions ?
• Comment garantir les droits des travailleuses et travailleurs issus de la diversité, largement surreprésentés dans les secteurs les plus précaires et les moins reconnus ?
• Comment déconstruire les mécanismes du racisme structurel et institutionnel alors que les discours xénophobes gagnent en légitimité dans l’espace public ?
• Comment construire une écologie sociale et populaire qui articule justice climatique, justice sociale et prise en compte des vulnérabilités spécifiques des populations migrantes ?
• Comment rééquilibrer les rapports Nord-Sud en développant des pratiques locales d’interculturalité, de solidarité internationale et de réappropriation des récits migratoires ?
Ces trois journées seront également l’occasion d’expérimenter des méthodes participatives favorisant la coopération, la délibération et la production collective de connaissances. Car l’émancipation ne se décrète pas : elle se construit dans l’échange, le conflit démocratique, l’analyse critique et l’action.
Un rendez-vous pour celles et ceux qui refusent de se taire et souhaitent échanger
Artistes, syndicalistes, chercheuses et chercheurs, intellectuels critiques, militantes et militants de terrain, professionnelles et professionnels de l’action sociale, jeunes engagés et acteurs des luttes sociales croiseront leurs regards afin d’élaborer ensemble des pistes d’action face aux défis de notre époque.
Les Universités d’été du CRI Charleroi sont une invitation à reprendre la parole, à sortir de l’impuissance apprise, à retisser les solidarités et à réinventer des formes d’engagement capables de faire face aux transformations de notre temps.
Parce que les savoirs ne sont jamais neutres.
Parce que comprendre est déjà une manière de résister.
Parce que l’émancipation naît de la rencontre, du débat et de l’action collective.
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