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Les Plans de Cohésion Sociale wallons menacés ?

Les Plans de cohésion sociale en danger

Remplacer les Plans de cohésion sociale par des « Initiatives du Vivre ensemble » dessine une transformation de notre manière de penser les inégalités, le travail social et la responsabilité des pouvoirs publics.

Le Comité de Vigilance en Travail Social alerte aujourd’hui sur les conséquences possibles de cette réforme wallonne. Et ses inquiétudes méritent d’être entendues bien au-delà du seul secteur concerné.

Car la cohésion sociale n’est pas simplement une affaire de relations harmonieuses entre les individus. Elle suppose de regarder ce qui les assigne à des positions inégales et ce qui entrave leur accès aux droits.

Le « vivre-ensemble » est une expression consensuelle.  Mais elle conduit à déplacer le regard des rapports sociaux vers les relations interpersonnelles, des inégalités structurelles vers les comportements individuels.

La question n’est donc pas de rejeter le vivre-ensemble mais de rappeler qu’il doit être le résultat d’une politique qui s’attaque aux mécanismes d’exclusion.

Une autre inquiétude concerne la place accordée aux statistiques au détriment du diagnostic social et territorial.  Les chiffres renseignent mais ne racontent jamais l’intégralité d’une réalité sociale.

Le diagnostic territorial est précisément cet espace où les données rencontrent l’expérience des habitants.  Ne pas être simplement « objet » des politiques publiques mais acteurs de leur élaboration.

Enfin, derrière la simplification annoncée, la disparition de fonctions de coordination, d’évaluation et de référence professionnelle pose la question essentielle de l’expertise du travail social.

Le travail social n’est pas seulement là pour réparer les conséquences des désordres sociaux. Il est aussi là pour les rendre visibles, les comprendre et contribuer à les transformer.

Le vivre-ensemble ne peut être un horizon qui dispense de transformer le réel.  Le vivre ensemble en est la conséquence.

Fabrice CIACCIA, Directeur du CRI Charleroi

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Le Gouvernement wallon envisage de remplacer les Plans de Cohésion Sociale (PCS) par un nouveau dispositif baptisé « Initiative du Vivre Ensemble ». Une réforme qui inquiète les travailleurs sociaux : emplois menacés, recul de la participation citoyenne, disparition du diagnostic territorial… Au-delà d’une simplification administrative, c’est toute une conception du travail social et de la lutte contre les inégalités qui est en jeu. Le Comité de Vigilance en Travail Social (CVTS) tire la sonnette d’alarme.

Le Comité de Vigilance en Travail Social (CVTS) soutient des travailleuses et des travailleurs sociaux inquiets de la manière dont les politiques, les organisations et les pratiques sociales détricotent peu à peu les principes essentiels du travail social. Il recueille les témoignages individuels ou d’équipes attentifs à garder et construire le sens d’une pratique du travail social qui est de plus en plus mise à mal. Le rôle que se donne le CVTS, c’est d’outiller les travailleurs sociaux face aux questions déontologiques qu’ils se posent (par exemple avec le code de déontologie, mais également dans un travail quotidien de réponses aux interpellations de terrain). C’est aussi de défendre les valeurs et les finalités du travail social (par exemple avec le Manifeste du travail social ou avec le dossier de la Revue nouvelle « Réinventer le travail social »).

Quand des travailleuses et des travailleurs des Plans de Cohésion Sociale (PCS) wallons ont voulu échanger avec le Comité de Vigilance, parce qu’un nouveau décret pourrait mettre à mal le travail qu’ils et elles construisent patiemment et avec, chaque jour, une expertise plus affirmée au service de publics souvent en difficulté, il était logique et légitime que le CVTS joue son rôle. Ces PCS constituent aujourd’hui un dispositif structurant à l’échelle de la Wallonie : ils sont 195 services couvrant 204 pouvoirs locaux.

Depuis près de vingt ans, les Plans de Cohésion Sociale (PCS) permettent aux communes wallonnes de développer des actions très concrètes : lutter contre l’isolement, aider les personnes en difficulté, et notamment les personnes âgées, faciliter l’accès au logement, à la santé ou à l’alimentation, œuvrer à la préservation de la santé mentale de chacun, créer du lien dans les quartiers ou encore encourager les habitants à participer à la vie locale.

Cette réforme fait peser une incertitude sur l’avenir de 700 personnes

Le Gouvernement wallon souhaite aujourd’hui remplacer les PCS par un nouveau dispositif baptisé « Initiative du Vivre Ensemble ». Sur le principe, les professionnels ne rejettent pas cette réforme : après vingt ans, simplifier les démarches administratives et adapter le fonctionnement du dispositif peuvent s’avérer utiles.

Notons d’abord que cette réforme fait peser une incertitude sur l’avenir de plus de 700 personnes qui, selon les données disponibles, contribuent aujourd’hui à faire vivre les PCS en Wallonie, soit plus de 500 équivalents temps plein.

Indépendamment du carnage social qui pourrait découler de cette réforme, la crainte fondamentale est que cette simplification administrative annoncée, pour intéressante qu’elle puisse être, ne fasse cependant disparaître l’essentiel de ce qui constitue le travail des professionnels. Un travail qui a fait et fait chaque jour ses preuves, qui amène une expertise méthodologique de plus en plus reconnue, une documentation fine des territoires et réalités locales et un travail de réseau interservices et interprofessionnels tellement fondamental.

Lire aussi : Budget wallon : ce qui attend le secteur de la santé et du social

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