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SAUDADE #74 : 28 mai, c’est la journée internationale d’action pour la santé des femmes

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Chaque 28 mai, la Journée internationale d’action pour la santé des femmes appelle à plus d’écoute, de justice et d’égalité dans les systèmes de soins. Elle rappelle que la santé n’est pas un privilège mais un droit.  Et que le corps des femmes mérite d’être compris, respecté et accompagné dans toutes ses dimensions.

Mais de quelles femmes parle-t-on lorsque l’on évoque « la santé des femmes » ? Quels corps sont visibles, entendus, pris au sérieux ? Et quels autres restent encore marginalisés, invisibilisés ou confrontés à des formes multiples de violence institutionnelle ?

Notre expérience professionnelle nous invite à dépasser une vision abstraite et universelle de la santé. Elle montre que les institutions médicales produisent des normes, hiérarchisent les expériences et participent à la reproduction d’inégalités sociales, raciales et de genre.

Les institutions organisent, surveillent et régulent les corps. Les parcours de soins révèlent des mécanismes de contrôle et d’exclusion qui touchent plus durement certaines femmes : femmes migrantes, femmes racisées, femmes précaires, femmes sans papiers, femmes en situation de handicap ou encore personnes LGBTQIA+.

Les discriminations ne s’additionnent pas simplement : elles se croisent et se renforcent mutuellement. Une femme racisée ne vit pas uniquement le sexisme ou uniquement le racisme ; elle fait l’expérience d’une réalité spécifique où plusieurs rapports de domination agissent simultanément.

Dans le domaine de la santé, cela se traduit concrètement par des retards de diagnostic, une moindre prise en compte de la douleur, des obstacles linguistiques, des difficultés d’accès aux soins, des stéréotypes culturels ou encore une méfiance institutionnelle. Le racisme ne se manifeste pas seulement par des actes individuels mais s’inscrit dans les pratiques, les représentations et les structures mêmes des institutions.

Les recherches montrent que les douleurs exprimées par des femmes racisées sont plus fréquemment minimisées ou sous-estimées. Les femmes migrantes rencontrent des obstacles administratifs, sociaux ou culturels qui limitent leur accès à une prévention de qualité, à des soins adaptés, à une information claire concernant leur santé.

Les personnes ne se réduisent pas à des identités culturelles figées. Il nous revient de construire un espace de dialogue, de compréhension mutuelle et de reconnaissance des vécus. Notre expérience d’approche de la santé nous invite à écouter les récits, les parcours migratoires, les réalités sociales et les expériences de discrimination qui influencent le rapport au soin.

Il s’agit de questionner les normes dominantes qui traversent les institutions médicales. Défendre la santé des femmes, c’est donc défendre une vision profondément inclusive et émancipatrice du soin. C’est reconnaître que l’égalité formelle ne suffit pas lorsque certaines femmes continuent d’affronter des barrières systémiques dans l’accès à leurs droits fondamentaux.

C’est aussi rappeler que la santé mentale, la santé sexuelle et reproductive, la prévention, le droit à disposer de son corps, l’accès à une information accessible et la lutte contre les violences médicales sont des enjeux indissociables de la justice sociale.

En cette Journée internationale d’action pour la santé des femmes, il est essentiel de porter une parole collective, de promouvoir une santé réellement égalitaire, lutter contre toutes les formes de discrimination.

Fabrice CIACCIA, directeur du CRI Charleroi

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