Cartographie et analyse exploratoire des données chiffrées existantes
Myria publie une première cartographie des données chiffrées relatives aux victimes mineures de la traite et du trafic d’êtres humains.
Le rapport dresse un état des lieux des chiffres disponibles concernant les victimes mineures de la traite et/ou de trafic d’êtres humains en Belgique. Il accorde une attention particulière aux groupes à haut risque et aux victimes enregistrées, sur la base des données du Service des Tutelles, de Fedasil, du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), de l’Administration générale de l’Aide à la jeunesse, de Child Focus, d’Esperanto, de Minor-Ndako et des centres spécialisés Sürya, Payoke et PAG-ASA.
Principales tendances chiffrées
Nombre élevé de mineurs non accompagnés (disparus)
La situation précaire des mineurs non accompagnés (MNA) augmente leur vulnérabilité à être ou à devenir victimes d’exploitation. Au cours de la période 2015-2024, 43.257 personnes au total ont été signalées pour la première fois au Service des Tutelles en tant que MNA. Au cours des dernières années (2021-2024), le Service des Tutelles a enregistré en moyenne 758 MNA disparus par an, dont environ 15 % de disparitions considérées comme inquiétantes, sans qu’il soit possible de déterminer si la disparition était liée ou non à la traite ou au trafic d’êtres humains.
Au cours de la période 2022-2024, Child Focus a reçu 144 signalements de disparitions inquiétantes de MNA. Ces disparitions ont été jugées particulièrement inquiétantes en raison du jeune âge (<13 ans) du mineur, de la présence de tiers représentant une menace potentielle pour l’intégrité du mineur ou parce que le mineur disparu était potentiellement victime d’une infraction (telle que la traite et/ou le trafic d’êtres humains).
Exploitation sexuelle et séjour dans un centre d’aide à la jeunesse
Plus de la moitié (125 ; 55 %) des 228 signalements d’« exploitation sexuelle de mineurs dans la prostitution » reçus par Child Focus entre 2022 et 2024 concernaient des jeunes qui, au moment de l’exploitation sexuelle, séjournaient dans un établissement de l’Aide à la jeunesse. Dans la grande majorité de ces signalements, il existait des indices concrets de l’implication d’un proxénète dans l’exploitation sexuelle de la victime mineure (159 ; 70 %).
Victimes enregistrées dans les centres d’accueil et d’accompagnement spécialisés
Esperanto, le centre spécialisé en Wallonie pour les victimes mineures de la traite des êtres humains, du trafic d’êtres humains et des violences liées à l’honneur, a accueilli 225 jeunes entre 2015 et 2024 ; 142 (63 %) d’entre eux étaient présumés victimes de traite et/ou de trafic d’êtres humains avec circonstances aggravantes. Meza, qui se concentre principalement sur l’accueil de filles mineures non accompagnées âgées de 14 à 18 ans présumées victimes de traite des êtres humains, a accueilli 35 victimes de traite et/ou de trafic d’êtres humains entre 2022 et 2024. Les trois centres spécialisés ont quant à eux accompagné 110 victimes mineures entre 2015 et 2024, dont la majorité étaient victimes de traite des êtres humains (68 %). Dans l’ensemble des cinq organisations, il s’agissait principalement de victimes d’exploitation sexuelle, de criminalité forcée, d’exploitation économique ainsi que de victimes de trafic d’êtres humains. Les victimes d’exploitation sexuelle étaient principalement de nationalité belge, nigériane ou roumaine. Parmi les victimes de trafic d’êtres humains, il s’agissait principalement de jeunes de nationalité vietnamienne, irakienne ou afghane. La grande majorité des victimes de traite étaient des filles. Environ deux victimes de trafic d’êtres humains sur trois étaient des garçons.
Source : Myria







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