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SAUDADE #53 : 25 novembre, au croisement des violences

Saudade lutte contre les violences faites aux femmes 25 novembre

Il y a, dans les violences faites aux femmes, quelque chose qui déborde toujours du cadre où elles se produisent.  Ces violences ne surgissent jamais comme des accidents solitaires, isolés du reste du monde. Elles sont au contraire tissées dans l’étoffe des rapports sociaux, des discours implicites, des héritages culturels et les inégalités économiques qui donnent à ces violences leur persistance et leur banalité tragique.

Ce qui frappe, quand on prend le temps d’écouter les récits, c’est la manière dont ces violences se logent dans les interstices du quotidien.  Elles empruntent les formes les plus visibles comme les plus silencieuses.

Ces violences se déploient et se révèlent dans un cadre social qui ne cesse de nous rappeler que toutes les existences ne sont pas logées à la même enseigne.  Nombreuses sont celles qui doivent batailler pour être simplement reconnues dans leur intégrité.

Et puis, il y a cette évidence que les violences ne frappent pas toutes les femmes de la même manière. Elles n’ont ni la même intensité, ni la même visibilité, ni les mêmes conséquences lorsqu’elles se heurtent à d’autres formes d’injustices. Une femme racisée, précaire, migrante, en situation de handicap, LGBTQIA+ ou isolée affronte aussi la cristallisation d’autres systèmes de domination. Là où se croisent le sexisme, le racisme, la pauvreté ou la stigmatisation, les violences se renforcent, s’accumulent, se rendent parfois indéchiffrables.

C’est précisément pour cela qu’au CRI Charleroi nous défendons une approche intersectionnelle. Non comme une étiquette théorique, mais comme un outil indispensable pour comprendre les trajectoires réelles.  Car les vulnérabilités s’additionnent. L’intersectionnalité, c’est accepter de regarder la complexité. C’est reconnaître que chaque personne arrive avec une histoire et des fragilités qui nécessitent à être entendues dans leur totalité.

S’engager contre les violences faites aux femmes exige donc d’entendre les voix que l’on écoute rarement, de regarder vers les marges sans les considérer comme périphériques.

Il nous faut comprendre que la lutte contre les violences n’est jamais détachée du combat pour la justice sociale.

Au CRI Charleroi, nous choisissons de refuser les récits simplifiés.  Nous revendiquons la nuance, qui sait que la transformation passe par une attention patiente aux réalités imbriquées.

Parce que lutter contre les violences faites aux femmes, c’est aussi interroger les structures qui les rendent possibles.

Parce qu’aucune société ne pourra prétendre à l’égalité et la justice tant qu’elle ne prendra pas en compte toutes les femmes dans la pluralité de leurs vies, de leurs histoires et de leurs combats.

Fabrice CIACCIA, Directeur du CRI Charleroi

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