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Table ronde Memorandum

 « Donner l’impulsion nécessaire à une instance démocratique et stable qui porte un projet fort, déterminé et efficace contre toutes les formes de racisme »[1] telle est l’ambition de la nouvelle plateforme de lutte contre le racisme lancée par Fadila Laanan.  C’est dans cette dynamique que le CRIC s’est inscrit depuis juin 2013 lors de deux rencontres regroupant une trentaine d’associations et d’organismes actifs sur le terrain de la Fédération Wallonie Bruxelles.

Une plateforme de plus ?

Après les critiques essuyées par de précédentes initiatives, comme la Commission du Dialogue Interculturel ou encore les Assises de l’Interculturalité, jugées par certains trop éloignées de l’action, le lancement de cette « plateforme contre le racisme » met le secteur associatif au cœur de la réflexion. Les acteurs associatifs sont ici le maillon incontournable reconnu dans de nombreux combats pour plus d’égalité et d’avancée dans  la lutte contre le racisme. De son expertise découle le triste constat que malgré un arsenal judicaire bien complet, une réprobation institutionnelle et sociale des actes de racisme, la réalité du terrain regorge d’exemples de comportements et d’injures racistes. La vocation de ce nouveau dispositif serait d’être une plateforme associative, un « lieu de rencontre, de réflexion et d’élaboration d’une stratégie concertée contre le racisme [2]».

Penser pour mieux agir ensemble

Deux principaux objectifs lui sont assignés : l’élaboration d’une note d’orientation visant la réactualisation du cadre de référence de la lutte contre le racisme et la définition d’un plan d’action opérationnel se questionnant  notamment sur :VISAGES_COULEURS [640x480]

  • les axes et thématiques prioritaires ;
  • les orientations en matière de prévention ;
  • la prise en charge des victimes ;
  • la coordination des actions entre l’associatif, les pouvoirs publics, les grandes organisations sociales et politiques, en tenant compte du rôle de chacun;
  • l’examen des actions les plus pertinentes dans le contexte actuel de crise sociale et économique propice à un regain de xénophobie et de racisme. 

Une plateforme dont les contours s’inscrivent actuellement dans un processus de réflexion de manière à rechercher une réelle plus-value au combat déjà mené activement par les différentes associations.

Un challenge pour les combats à mener à l’avenir

Il s’agit là d’un vrai challenge, soutenu par un groupe de travail méthodologique s’appuyant sur une note du Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le Racisme, tant les points de vue, certes riches mais pas forcément convergents,  doivent être partagés pour ensuite conduire la réflexion vers « une parole commune » et des « actions communes ».

Sur le plan méthodologique, il s’agit de traiter différents nœuds qui en termes de définitions et d’enjeux posent des difficultés. Ces débats de fond requièrent un temps d’échange pour avancer de manière constructive dans l’élaboration d’une « stratégie concertée » et la mise en place d’actions qui font consensus. La plateforme associative constitue un vaste projet qui tente de mener une réflexion fondamentale, en s’appuyant sur le regard croisé des acteurs de terrain pour une approche multidimensionnelle de la lutte contre le racisme.

La préoccupation du groupe porteur et des membres de la plateforme tient également à ce que le fruit de ce travail soit pris en considération à tous les niveaux de pouvoir. La forte mobilisation de nombreux acteurs issus des mouvements d’éducation permanente, et plus largement, d’associations reconnues œuvrant sur le terrain de la lutte contre le racisme risquerait de s’essouffler si la parole n’était une fois de plus pas suivie d’actions concrètes.

Le défi est grand mais nécessaire face à notre société en évolution permanente dont le contexte de précarité socio-économique alimente la fracture sociale et biaise le débat sur les questions de l’intégration et des discriminations. Une plateforme associative, pluraliste et indépendante favorisant le dialogue sur le  « vivre ensemble sans racisme » constitue un outil précieux dans la construction d’une société interculturelle où les enjeux démocratiques, les principes d’égalité des droits et la citoyenneté sont constants.

 

[1] Citée dans le Soir du 8/02/12

[2] Réunion du 9 mars 2012, intervention de la Ministre de la Culture, de l’Audio-visuel, de la Santé et des l’Egalité des Chances, Mme Fadila Laanan