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Extrême droite : le racisme comme projet politique

Le 14 mars dernier, alors que la crise du coronavirus commençait à produire ses effets sur une Belgique désormais focalisée sur la question, sortait le baromètre politique Le Soir-RTL-VTM-Het Laast Nieuws avec des résultats qui en d’autres circonstances, n’auraient pas manqué de provoquer un mini-cataclysme politique. En effet, en Flandre le parti d’extrême-droite, le Vlaams Belang, arrivait en tête en rassemblant 28 % des intentions de vote. Un score impressionnant, près d’un flamand sur trois envisagerait donc de voter pour cette formation politique, d’autant plus qu’aux dernières élections de mai 2019, durant lesquelles le Vlaams Belang avait déjà surpris par un score impressionnant, ce dernier n’était « que » de 18,7 %. Soit un bond de 10 % en un an. Plus impressionnant encore si l’on compare aux précédentes élections, celles de 2014, où le Vlaams Belang n’était pas parvenu à atteindre les 6 % des votes.

L’extrême droite reste donc une menace. Et plus que rester une menace, on est parfois tenté de dire qu’elle redevient une menace. En effet, au niveau mondial, nous assistons à une vague brune dont aucune région ne peut se dire épargnée. Pas même l’Europe, où, en Hongrie, Viktor Orban vient de s’attribuer les pleins pouvoirs.

En ligne, j’ai trouvé cette définition de l’extrême droite : « L’extrême droite est un courant de pensée politique qui met en avant un nationalisme exacerbé. Il favorise les personnes possédant la nationalité du pays dans lequel elles vivent face aux étrangers, aux religions et aux cultures non originaires de ce pays ». Autrement dit, on pourrait simplifier en disant que l’extrême droite c’est avoir le racisme comme projet politique. En tant qu’organisation de lutte contre le racisme, il nous semblait dès lors important de se pencher sur la question de la recrudescence de celle-ci. Ce numéro du Signes des temps comporte donc quatre analyses fouillées sur la thématique qui, on l’espère, sauront rencontrer votre intérêt. Si dans les trois premiers articles, Pauline Thirifays et Jonathan Piron, se pencheront sur la nature de l’extrême droite et sur la manière de lutter efficacement contre celle-ci, le dernier article se penchera sur une initiative concrète en Belgique francophone : le CFO (Collectif des Femmes qui l’Ouvrent), une réponse féministe et antifasciste issue de la province du Luxembourg. Et si cette initiative issue de la base et d’une région rurale faisait tache d’encre en Belgique ?

Benjamin Peltier

Source : BePax

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