Les difficultés que rencontrent les personnes étrangères ou d’origine étrangère sont identiques à celles rencontrées par tout autre citoyen, parfois vivant dans des conditions de précarité. Ce sont notamment :

• Des problèmes d’accès à l’emploi, au logement ou encore aux soins de santé ; • Des problèmes de mobilité dans les zones rurales ;
• Des problèmes pour faire garder leurs enfants en bas âge ;
• Ou encore des problèmes de discrimination (handicap, orientation sexuelle, âge, fortune, état civil, convictions politiques ou syndicales, état de santé, caractéristiques physiques ou génétiques, naissance, origine sociale).

S’y ajoutent, en sus, des spécificités qui leur sont propres :

• Des problèmes liés à la langue ;
• Des problèmes liés à la méfiance qui leur est portée sur fond de stéréotypes ou de préjugés ;
• Ou même des problèmes de discrimination et de racisme (les critères dits « raciaux » parmi lesquels : prétendue race, couleur de peau, nationalité, ascendance, particulièrement origine juive, et origine nationale ou ethnique, ainsi que d’autres critères tels que les convictions philosophiques ou religieuses).

Les centres régionaux pour l’intégration (CRI) pensent, avant tout, que l’ensemble des recommandations présentées ici peut avoir un impact positif pour tous les habitants de la région wallonne. Certes, quelques recommandations ont pour bénéficiaires spécifiques les personnes étrangères ou d’origine étrangère, avec toutefois des répercussions positives pour toute la société.

Lutte contre les discriminations comme souci de tous les instants et dans l’intérêt des personnes et du collectif.

Pourquoi lutter contre les discriminations ? Parce qu’elles sont présentes dans tous les domaines de la vie – dans la recherche d’emploi, sur le lieu de travail, pendant la recherche d’un logement, dans les festivals, etc. En plus d’être illégales, elles nuisent à l’épanouissement individuel et au développement économique, social et culturel de notre société.

La suppression ou le contournement des barrières sur le chemin de la formation comme premier impératif à un parcours d’intégration obligatoire.

Pourquoi faire tomber les barrières ? Parce que le parcours d’intégration est obligatoire et que se rendre aux formations à la citoyenneté et/ou à la langue française engendre des coûts liés à la mobilité, à la garde des enfants, voire à la prise de congé lorsque la personne travaille.

Le vivre ensemble et la cohésion sociale comme recherche permanente, l’inclusion comme exigence.

Pourquoi persévérer avec ces concepts ? Parce qu’une société se construit tous les jours et n’atteint jamais un point d’achèvement à partir duquel toute chose deviendrait tout aussi parfaite qu’immuable. La cohésion sociale et le vivre ensemble constituent des variables reposant sur du long terme. S’arrêter un jour, c’est prendre le risque de devoir recommencer sur un socle moins stable le lendemain. Quant à l’inclusion – une société inclusive – elle est un impératif dès lors que la diversité de notre société est reconnue.

Comment lire et interpréter ce mémorandum ?

Les constats et les recommandations qui suivent sont le résultat d’un travail de compilation de différents autres mémorandums ou travaux d’autres opérateurs/acteurs plus ou moins proches des CRI ou du secteur de l’intégration et de l’interculturalité. Un nombre certain de celles-ci viennent de réalités de terrain vécues par les personnes et relayées par les opérateurs.
Les CRI sont au carrefour d’innombrables secteurs pour un public particulier, les personnes étrangères ou d’origine étrangère, et particulièrement hétérogène en plus d’être fragilisé pour certains d’entre eux.
Vous vous apprêtez à lire et – nous l’espérons – à adopter des recommandations communes au secteur.

Universalisme proportionné.

Les recommandations reprennent de manière systématique le(s) niveau(x) de pouvoir visé(s) par la/les matière(s) évoquée(s). Il s’agit donc de l’État fédéral, de la Région wallonne, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ou de plusieurs niveaux auxquels nous aurions pu aussi ajouter l’Union européenne.
Toutefois, nous avons usé d’un critère supplémentaire pour décrire les recommandations proposées. L’approche de l’universalisme proportionné permet la superposition des approches universelles et ciblées. Elle propose, d’une part, « une intervention à tous, mais avec des modalités ou une intensité qui varient selon les besoins. » et, d’autre part, de « Réduire ou éliminer les barrières d’accès qui nuisent à l’utilisation des interventions par les familles ayant des besoins accrus. » Cette combinaison annihile quelque peu l’une des limites que l’approche ciblée induit et qui est de stigmatiser plus que de raison le public cible.

Ce mémorandum est avant tout à replacer dans la continuité des travaux des plans locaux d’intégration (PLI). Il s’organise selon les droits fondamentaux explicités à l’article 23 de la Constitution auxquels nous avons ajouté un axe « dimensions transversales ». De cette façon, nous prenons en compte les préoccupations du quotidien des citoyens qui, comme son nom l’indique, sont transversales au découpage des autres droits. Par ailleurs des recommandations s’adressent plus globalement aux politiques d’accueil et d’intégration à tous les niveaux de pouvoir. Certaines sont spécifiques au soutien du secteur de l’intégration.

Source : DISCRI

Mémorandum PDF