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Évaluation du Parcours d’Intégration

Un élément sur lequel la lutte contre le racisme insiste de plus en plus est l’invisibilisation des personnes racisées. Cette invisibilisation est finalement aussi une discrimination : que ce soit dans les médias, dans le personnel politique ou à n’importe quel poste à responsabilité (directeur·rice d’école par exemple) on constate une sous-représentation des personnes racisées. Cette invisibilisation n’a pas un impact neutre. Dans un outil pédagogique publié récemment par BePax (“Le Signalement : Comment comprendre, repérer et combattre les discriminations ?”), nous écrivions : “Invisibilisation et marginalisation se renforcent mutuellement et ont des effets importants, notamment auprès des jeunes. Par exemple, les jeunes homosexuel·le·s qui ne peuvent ainsi trouver d’icônes auxquelles s’identifier. Il en est de même pour le jeune en situation de handicap ou encore les jeunes filles souhaitant s’identifier à une femme qui leur ressemble et qui a une place importante dans la société”. Or, dans une société libérale, comme dans celle à l’intérieur de laquelle nous évoluons, une figure qui est particulièrement valorisée socialement est celle de l’entrepreneur, du self made man. Le choix de n’utiliser que le masculin pour ces deux termes est à dessein. Car effectivement quand on pense à des personnes pour illustrer ces concepts, ce sont toujours des figures d’hommes aux traits occidentaux qui viennent en premier à l’esprit. Il y a donc un double enjeu dans la représentation des minorités au sein de entrepreneuriat : d’une part, il n’y a aucune raison que ce secteur leur soit moins ouvert qu’aux autres, ce serait discriminatoire, et d’autre part, cela permettrait d’avoir un impact sur la perception de ces minorités et sur leur visibilisation. Il y a quelques temps, le secrétaire d’état à l’asile et à la migration, Théo Francken, avait affirmé qu’il doutait de “la valeur ajoutée de la diaspora marocaine, congolaise ou algérienne”. Ces propos d’un racisme choquant ne sont-ils finalement pas le reflet d’un racisme plus partagé que ce qu’on l’on n’ose généralement admettre ? Ils sont l’aboutissement de ce mécanisme d’invisibilisation : les postes à forte valorisation sont rendus inaccessibles aux personnes issues de ces “diasporas”, cela augmentant encore les préjugés à leur égard et
permettant une parole décomplexée comme celle de Théo Francken.

Ce numéro abordera trois domaines spécifiques : entrepreneuriat des afro-descendant·e·s de Belgique, la question de entrepreneuriat des femmes issues des minorités et enfin un zoom sur entrepreneuriat de la communauté syrienne bruxelloise. Ces trois focus ne permettent absolument pas d’embrasser la globalité de la thématique, nous les envisageons plutôt comme un premier contact sur le sujet qui donnera peut-être envie à certain·e·s d’en savoir plus.

Enfin, le dernier article de ce numéro sera consacré à la question des migrations : est-ce légitime pour les défenseurs des migrants de toujours brandir l’argument de l’impact économique positif de la migration pour défendre leur cause ? N’est-ce pas là une arme qui pourrait s’avérer être à double tranchant pour les défenseurs des Droits Humains ?

Je vous souhaite bonne lecture et déjà une excellente année 2019 !

Benjamin Peltier

Revue au format PDF

Source : BePax Dialogue & Diversité