La situation est préoccupante.

Dans le domaine de la détection, de l’accueil et de l’accompagnement des victimes de la traite des êtres humains mineurs, la Belgique a des efforts importants à fournir. Un groupe particulièrement vulnérable est celui des Nigérianes mineures d’âge. En tant que Rapporteur national indépendant, Myria analyse la situation et formule diverses recommandations.

Détection difficile des victimes mineures

De l’emprise dans le cadre de l’exploitation sexuelle à l’exploitation économique en passant par la criminalité forcée, les victimes mineures de la traite des êtres humains affichent des profils très divers. La détection de ces mineures par les acteurs de terrain est problématique : nombre d’entre eux sont insuffisamment au courant des indicateurs de traite des êtres humains. Myria plaide pour l’intensification et la diversification des formations à l’attention des acteurs de première ligne, magistrats, tuteurs, services d’aide à la jeunesse.

Par ailleurs, très peu de victimes mineures de la traite font usage de la procédure spécifique d’octroi de séjour pour victimes de traite, qui tout comme pour les adultes, exige une collaboration avec la justice. L’accueil de ces mineures n’est en outre pas suffisamment adapté. Il est en effet nécessaire de les accueillir dans des structures sécurisées. Le centre Esperanto constitue à cet égard un exemple de bonne pratique qui devrait être encouragée et consolidée.

Myria plaide également pour la mise en place, par la Cellule interdépartementale de coordination de la politique, d’un groupe d’experts indépendants, chargé de formuler des propositions concrètes en vue de remédier aux problèmes de détection, d’accueil et de séjour de ces victimes mineures.

Briser le business model des passeurs

Le modèle belge de lutte contre le trafic d’êtres humains, dans lequel l’accent est mis sur la lutte contre les passeurs, non contre les migrants clandestins, est donné en exemple depuis plus de vingt ans. Cette approche repose sur la collecte de preuves (notamment les flagrants délits sur les parkings) et sur une approche humaine des victimes, qui est basée sur la collaboration des victimes de trafic avec la justice dans le cadre du statut de victime aggravé de trafic d’êtres humains. Les déclarations des victimes de trafic constituent parfois la base du démarrage d’un dossier important de trafic. Or, ce modèle risque d’être fragilisé lorsque les moyens limités de la police sont uniquement consacrés à des contrôles de grande ampleur (par exemple dans les transports en commun). De telles actions cadrent alors davantage avec une chasse aux immigrants clandestins, où le maintien de l’ordre et la lutte contre les nuisances sont prépondérants. Une telle approche est par ailleurs de nature à renforcer le sentiment de loyauté des migrants clandestins vis-à-vis de leurs passeurs. Myria plaide pour une approche humaine des victimes du trafic, qui peut apporter une plus-value à l’enquête contre les passeurs. Myria appelle également à davantage de coopération internationale pour assécher les flux financiers des réseaux de passeurs.

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Brochure en 28 langues : Victimes de la traite des êtres humains.

 

Source : Myria – Centre fédéral Migration