Pas à pas, chercher un logement pour les réfugiés

Depuis 1999, le gouvernement belge se porte, en principe, garant d’offrir à toute personne qui demande l’asile, une aide matérielle pendant le déroulement de la procédure. Dès qu’une décision est prise quant aux motifs de l’asile, cette personne ne bénéficie plus de cette aide matérielle qui comprend l’hébergement et une assistance de base. En cas de décision négative, elle est obligée de quitter la structure d’accueil et le pays. Si la personne se voit reconnaître le statut de réfugié ou si elle obtient la protection subsidiaire, elle doit se prendre entièrement en charge et trouver son propre logement. Cette brochure aborde comment chercher un logement avec et pour les réfugiés.

Passer d’une aide matérielle à une vie autonome est un pas de géant, faisant l’objet de très peu de préparation pendant la procédure. Fedasil, l’agence responsable de l’accueil des demandeurs d’asile prévoit dès lors une période de transition de deux à quatre mois suite à la reconnaissance. L’aide matérielle et l’hébergement sont prolongés pendant ce délai, de sorte que les réfugiés peuvent se préparer à la vie en dehors de la structure d’accueil. Depuis août 2016, il relève de la responsabilité des Initiatives Locales d’Accueil (ILA), mises en place sur une base volontaire par les CPAS et financées par Fedasil, d’assister les réfugiés lors de leur transition.

Les réfugiés sont confrontés à une kyrielle de défis à l’aube de leur vie autonome en Belgique. Ainsi, doivent-ils apprendre la langue régionale, s’inscrire à la mutuelle, apprendre à déchiffrer les codes culturels, chercher du travail ou poursuivre leurs études, tout en créant un réseau social. Étant donné que l’aide matérielle prend fin, la toute première priorité reste de chercher un logement afin d’éviter le sans-abrisme. Ce n’est qu’après avoir trouvé un toit, que les autres défis pourront être relevés.

Cependant, le premier obstacle de ce processus d’installation est tout sauf évident. Trouver un logement de qualité est difficile pour tous les groupes de population vulnérable. Ceci est d’autant plus vrai pour les réfugiés et les personnes bénéficiant d’une protection subsidiaire qui habituellement émargent du CPAS, n’ont pas d’épargne pour constituer eux-mêmes une garantie locative, n’ont pas de connaissance du marché locatif en Belgique, se heurtent à la discrimination et ne disposent pas d’un réseau social dans la commune de l’ILA vers laquelle ils sont envoyés après avoir obtenu la reconnaissance de leur statut. Sans accompagnement, ils risquent de tomber aux mains de marchands de sommeil, de se retrouver dans la rue ou de s’endetter. Ainsi, leur installation future est hypothéquée et leur avenir en Belgique est sapé dès le départ.

La recherche d’un logement à la fin de la période de transition est un processus difficile et stressant. Alors que la procédure d’asile peut parfois s’éterniser, après une décision positive, il faut quitter le réseau d’accueil le plus rapidement possible. Cette brochure souligne comment améliorer la recherche de logement, malgré l’offre limitée de ceux-ci. Nous nous concentrons sur l’ensemble des personnes impliquées dans la recherche d’un logement, en particulier les ILA.

Il convient de reconnaître six phases différentes à la fin de l’aide matérielle et de la période de transition.

• Tout d’abord, il faut initier ces personnes à la vie en autonomie en les ‘préparant au logement’.
• Deuxièmement, il convient de rechercher un logement disponible.
• Troisièmement, il faut convaincre les propriétaires de louer leur bien à des réfugiés et convaincre les réfugiés d’accepter le logement.
• Quatrièmement, boucler le financement du logement est un défi en soi.
• Cinquièmement, le déménagement et l’installation proprement dits dans le nouveau logement.
• Sixièmement, dans le cas où la recherche de logement durant la période de transition n’aboutirait à rien, il faut prévoir d’éventuelles alternatives de logement et veiller à ce qu’un suivi soit effectué après le déménagement.

Ces six phases sont illustrées via un outil d’aide sous forme de rosace pour visualiser la nature cyclique de la recherche de logement. D’une part, il est possible qu’une des phases bloque et qu’il faille recommencer. D’autre part, le premier logement est rarement celui où la famille s’installera à long terme. Le loyer est peut-être trop élevé, le lieu est inadéquat ou le logement est trop petit suite au regroupement familial. Dans ce cas, il faudra recommencer la recherche de logement.

 

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Source : Caritas International