Plus de 214 millions de personnes vivent aujourd’hui hors de leur pays d’origine. Elles ont quitté leur foyer pour des motifs divers: conflit, catastrophe naturelle, dégradation de l’environnement, persécutions politiques, pauvreté, discrimination, impossibilité d’obtenir des services de base ou recherche de nouvelles perspectives, en matière de travail et d’éducation notamment.

Les incidences des mouvements migratoires sur la santé publique suscitent un regain d’intérêt. Les migrants peuvent subir de multiples formes de discrimination, de violence et d’exploitation qui ont des répercussions directes sur leur santé physique et mentale. Il arrive aussi qu’ils souffrent de problèmes de santé qui sont mal connus ou mal compris dans leur pays de résidence. Pour compliquer encore la situation, divers obstacles juridiques ou socio-économiques les empêchent souvent d’accéder aux services de santé ; quand un tel accès est possible, les services dispensés ne sont pas toujours sensibles à leurs besoins ou adaptés sur le plan culturel et linguistique.

Les communautés qui accueillent un grand nombre de migrants sont confrontées à de nouveaux enjeux, tels que la diversification de la population et les modifications qui en résultent dans le profil culturel des patients et leur conception de la santé. Le travail quotidien des professionnels du secteur s’en trouve fatalement modifié. Les approches actuelles en matière de gestion de la santé des migrants doivent s’adapter aux défis croissants que posent la complexité, l’ampleur, la rapidité, la diversité et la disparité de la mobilité contemporaine afin que tous les migrants jouissent du droit fondamental à la santé.

Le droit de toute personne à jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible est consacré depuis longtemps dans les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme. Il en va de même pour les principes d’égalité et de non-discrimination. En conséquence, les politiques et les systèmes nationaux de santé doivent absolument respecter le droit des migrants à la santé, quel que soit leur statut juridique. Il faut, à cette fin, que s’instaurent une collaboration intersectorielle active et une coopération étroite entre les gouvernements et les nombreux acteurs non étatiques qui interviennent dans le processus migratoire.

L’Organisation mondiale de la Santé, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et l’Organisation internationale pour les migrations décrivent dans cet ouvrage les multiples difficultés auxquelles se heurtent les migrants en matière de santé et de droits de l’homme, et présentent l’évolution récente de la situation dans ce domaine.

Notre but est de fournir à tous les intéressés un ouvrage de référence sur les questions vitales de santé et de droits de l’homme qui se rattachent à la migration internationale. Nous espérons qu’il aidera les décideurs à élaborer des politiques et des programmes de migration qui sont guidés par les considérations de santé publique et par les impératifs des droits de l’homme, dans le souci de protéger les droits fondamentaux et d’améliorer la santé des migrants et des populations au sein desquelles ils vivent.

Dr Margaret Chan
Directrice générale
Organisation mondiale de la Santé

Navanethem Pillay
Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme
William Lacy Swing

Directeur général
Organisation internationale pour les migrations

 

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Source : Nations Unies Droits de l’Homme